29/09
2016
par Zahim Roman et Julien Winkel

S’intégrer grâce à Hobo

Beaucoup de structures actives dans le secteur social à Bruxelles tentent de répondre à des problèmes comme le sans-abrisme, la faim ou encore les questions de santé. Hobo a un autre point de vue: cette association centre son action sur la vie culturelle, le sport et la participation. Elle accueille également pas mal de migrants.

Vous vivez à Bruxelles, vous êtes migrant sans papiers, isolé ou encore sans abri, et vous cherchez de l’aide ou des activités? Contactez Hobo. Créée il y a 25 ans et active sur Bruxelles, Hobo se charge de fournir une aide permanente aux personnes fragilisées. Mais elle va plus loin. «Notre travail peut être divisé en quatre axes. Mais le plus important est l’axe participatif, explique Daan Vinck, directeur d’Hobo. Nous essayons d’aider notre public à trouver une certaine confiance en lui, ainsi que les activités qu’il recherche.» Fitness, football, cuisine, cours de langue, yoga, activités liées à la ferme ou encore culturelles (expositions, théâtre…): la liste des possibilités est longue.

L’ensemble de ces activités est mis sur pied grâce à l’aide de 44 partenaires. En 2014, 1.300 personnes ont pu profiter de celles-ci, 1.053 en 2015. «Ce que permet Hobo, c’est de donner un sens à sa vie et l’opportunité d’échapper à ses problèmes sociaux pour un moment, explique Daan Vinck. La plupart des bénéficiaires éprouvent des difficultés à s’intégrer et n’accèdent pas facilement à certains hobbies. Ils souffrent aussi d’un certain manque de confiance en eux. Pour s’intégrer, les personnes fragilisées doivent avoir l’opportunité de participer à la vie culturelle. Je pense que c’est plus efficace que de les mettre dans une classe pour apprendre le français ou le flamand.»

Se réaliser

Hobo peut également accompagner les personnes dans la recherche d’un travail. Dans cette optique, la structure a noué des liens avec Actiris, le VDAB ou encore des agences d’intérim. Elle aide également ses bénéficiaires à rédiger un curriculum vitae, une lettre de motivation. Elle effectue aussi un travail de sensibilisation. «Notre objectif est de faire comprendre les problèmes auxquels nous sommes confrontés, nous et notre public. La plupart des gens qui viennent chez nous ont un toit au-dessus de la tête, mais ils souffrent de problèmes sociaux, psychologiques, etc. Une fois leur situation stabilisée, ils continuent parfois à faire appel à nos services car ils y trouvent autre chose», souligne Daan Vinck.

S’il a été fraîchement nommé directeur d’Hobo, Daan Vinck y travaille depuis quatre ans. Il a également été volontaire pour la structure pendant huit ans. Détail cocasse: il est aussi l’entraîneur de l’équipe de football mise sur pied par Hobo et composée de bénéficiaires. Notre homme est donc bien placé pour avoir un avis sur le travail de l’association. «Ce qui est unique avec Hobo, ce sont ses 25 ans d’expérience et le fait que nous coopérions avec une foule de partenaires, comme des opéras, la Monnaie, le KVS ou le Kaaitheater.»

Des moyens

Bien sûr, accomplir tout ce travail coûte de l’argent. Hobo reçoit ainsi des financements de la Cocom et de la Vlaamse Gemeenschapscommissie. Mais elle demande également une somme symbolique (autour de un euro) en échange de la participation à certaines activités. «Si certaines activités étaient complètement gratuites, la moitié des personnes ne viendraient pas. Si vous donnez un peu d’argent, vous aurez plus tendance à faire acte de présence», explique Daan Vinck. Avant d’ajouter qu’une petite concurrence entre les différentes associations actives dans le même secteur qu’Hobo existe parfois. «Nous recevons tous de l’argent de la même source, souligne le directeur. Certaines structures pensent que nous organisons des activités peu pertinentes. Mais se réaliser, c’est aussi un besoin primaire.» Un besoin primaire sur lequel les hommes politiques gardent un œil attentif… «Nous sommes de plus en plus encouragés à quantifier notre travail. Les gens sont de plus en plus convaincus du fait que si vous pouvez quantifier une situation, vous pouvez aussi la résoudre. Ce qui est loin d’être une évidence, selon moi», déplore Daan Vinck

Témoignages d’usagers
En tant que migrant ou sans-abri, pourquoi viens-tu chez Hobo?
– Elias (Syrie): Pour moi qui suis migrant avec un statut de réfugié, Hobo est une très bonne organisation avec beaucoup d’activités vraiment utiles que j’attends avec impatience.
– Joy (Nigeria): Hobo est une organisation très active. J’y viens pour les cours de néerlandais, de programmation informatique. Je suis heureux de pouvoir apprendre le néerlandais avec Tim, un bon prof.
Comment avez-vous entendu parler d’Hobo?
– Elias: Il y a trois ans lorsque je vivais dans un centre pour réfugiés. On m’y a renseigné sur Hobo.
– Joy: C’est mon assistant social qui m’a convaincu de me rendre chez Hobo pour apprendre le néerlandais.
Quelle image te vient à l’esprit lorsque tu penses aux activités organisées par Hobo?
– Elias: Le staff d’Hobo est amical avec tout le monde et ils font du mieux qu’ils peuvent pour aider.
– Joy: Chaque fois que j’y viens, cela m’encourage à apprendre et à ne jamais m’ennuyer ou me sentir déçu.
Propos recueillis par Zahim Roman

 

Making of

Zahim vient d’Afghanistan. En Belgique, depuis quelques années, il a vite eu vent de l’existence d’Hobo. Cette association située à Bruxelles se charge notamment de fournir un abri aux personnes fragilisées ainsi qu’une aide permanente. Elle propose également des activités sportives et culturelles. Zahim y suit depuis quelque temps des cours de néerlandais. Et a eu la bonne de idée de proposer la réalisation d’un article à son sujet. «Pour que d’autres personnes dans le besoin sachent qu’elles peuvent y trouver de l’aide».

zahim

 

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