Scène libre et cœurs ouverts: quand la jeunesse s’exprime à travers l’art
À l’occasion d’un cabaret organisé par le cercle de philosophie et lettres de l’Université libre de Bruxelles (ULB), de jeunes artistes et étudiants montent sur scène pour partager leur art, leurs convictions et leurs expériences. Entre chant, rap, danse et poésie, cette soirée est bien plus qu’un spectacle: c’est un espace où chaque voix compte.
Par Steffi Nonome
Une scène ouverte à toutes les formes d’expression
Ce soir, le local F1 de l’ULB, habituellement dédié aux activités étudiantes et aux rencontres culturelles, se transforme en une scène vibrante d’énergie. Organisé par Maggi, déléguée culturelle du cercle de philosophie et lettres, ce cabaret annuel mêle performances artistiques et open mic (scène ouverte). L’objectif? «Non seulement faire découvrir de nouveaux artistes bruxellois, mais aussi offrir à nos membres un événement culturel où ils peuvent exprimer leur talent», explique Maggi.
Dès les premières secondes, le ton est donné. Des jeunes installent des amplis sur scène et improvisent des couplets de rap. L’un d’eux lance dans le micro: «… représente l’espoir que la jeunesse porte…»Peu à peu, les spectateurs arrivent et remplissent la salle d’une tension vibrante et électrique. Les artistes, eux, partagés entre trac et excitation, attendent avec impatience leur moment sur scène.
Grand retour après une pause forcée
Le cabaret de ce soir n’est pas une première pour le cercle: il s’inscrit dans une tradition bien ancrée, interrompue durant plusieurs années en raison de la pandémie de Covid-19.
«En 2022, on a relancé avec un show drag et une scène ouverte. C’était incroyable!», se remémore Maggi avec enthousiasme. Cette performance témoigne clairement de l’ouverture d’esprit qui caractérise le cercle.
Cette liberté assumée se reflète également dans le style des spectateurs, mais également des artistes: vernis à ongles noir, longues boucles d’oreilles pour certains garçons; tatouages, piercings et cheveux colorés pour certaines filles. Une manière de se vêtir qui oscille entre affirmation de soi et revendication sociale.
Entre art engagé et partage sincère
Ces revendications ne se font pas seulement par le style de ces jeunes, elles sont également exprimées au travers de performances artistiques. Camille, spectatrice, raconte qu’elle écrit parfois des chansons engagées. Lors d’une précédente édition du cabaret, elle avait partagé un texte abordant la dignité animale. «J’avais peur d’aborder ce sujet souvent moqué en société», avoue-t-elle avant de conclure avec un sourire: «Mais finalement ça s’est super bien passé!»
La soirée avance et le local F1 est à présent plein. Les éclats de rire et les discussions autour de quelques bières s’interrompent lorsque les organisateurs demandent le silence pour la performance suivante.
Une ode à la sororité
Chloé, une jeune femme d’une vingtaine d’années, monte sur scène sous un tonnerre d’applaudissements. Elle annonce qu’elle interprétera À la gloire des femmes en deuil, une chanson émouvante et sincèresignée Mathilde, qui célèbre le courage et la résilience des femmes.
«À toutes les personnes qui se sentent concernées, rejoignez-moi au second couplet», invite-t-elle. Peu à peu, toute la salle entonne en chœur les paroles affichées sur les écrans de téléphone:
«Je chante aujourd’hui
À la gloire des femmes dignes
À la gloire des femmes sorores
Unies jusque devant la mort…»
L’émotion est palpable. Dans cette salle devenue un véritable cocon artistique, les voix s’élèvent à l’unisson pour célébrer la solidarité féminine.
Un espace où chacun peut briller
Bien plus qu’un rendez-vous culturel, le cabaret annuel du cercle de philosophie et lettres de l’ULB est un espace de rencontre et d’expression. Artistes émergents et amateurs s’y croisent pour faire part de leur créativité et de leur art, qu’il s’agisse de chant, de rap ou de poésie.
Dans une atmosphère accueillante et bienveillante, chacun est invité à laisser parler sa créativité.